Le limogeage du ministre des Finances Sud-africain crée une ambiguïté économique

Suite à la décision prise par le président sud-africain Jacob Zuma de limoger son ministre des Finances l’économie du pays a plongé alors qu’elle affichait déjà une certaine fragilité, avec une devise nationale qui évolue jeudi à des rythmes très bas et plusieurs analystes considèrent ce petit remaniement comme risqué.

« Le renvoi d’un ministre des Finances conforme, travailleur, respecté en Afrique du Sud et à l’étranger, conservateur sur le plan budgétaire mais réformiste est un sérieux choc », juge Peter Montalto, économiste spécialiste des marchés émergents chez Nomura.

D’après le communiqué du président sud-africain dévoilé mercredi soir, Nhlanhla Nene doit être réaffecté « à un autre poste stratégique », sans avancer une seule raison officielle pour expliquer son remplacement.

L’opposition pense que cela est dû à ses critiques à l’endroit du Président.

« Cette mesure arrive à un moment où notre économie a de graves problèmes, à un moment où nous sommes menacés par une baisse de notre note souveraine. C’est quelque chose d’irresponsable », d’après Dawie Roodt, analyste chez Efficient Group, une société de conseil financier.

« Nous avons un président qui accorde clairement très peu d’importance aux dégâts que causent ses actions », indique-t-il, sur AFP.

La monnaie sud-africaine, sous pression depuis le début de l’année, est passé à une autre étape mercredi soir quand la nouvelle du limogeage de Nhlanhla Nene, a été faite fracassant pour la première fois la barrière de 15 rands pour un dollar.

Jeudi, au milieu de la journée, un dollar coutait 15,10 rands et un euro contre était vendu à 16,52 rands, des niveaux très bas.

Le marché obligataire a aussi réagi au quand le ministre des finances a été changé, le rendement des taux sud-africains ayant décollé jeudi, dépassant 10% pour la première fois depuis 2008.

M. Nene, premier noir africain à gérer le poste de ministre des Finances en Afrique du Sud, était arrivé à ce poste en mai 2014 après la réélection de Jacob Zuma comme président de l’Afrique du Sud.